Opinion

Genocide Rwanda : La France peut conserver les archives, la vérité est là pour que tous puissent voir

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-La Constitution française a débouté le chercheur François Graner de sa demande, qui refuse l’accès aux archives de la période du génocide Rwandais

Le 7 avril 2015, alors que le monde rejoint les Rwandais pour la 21ème commémoration du génocide contre les Tutsis, la France a proclamé un bon message, ce qui n’est jamais arrivé depuis deux décennies.

L’ancien président François Hollande a décidé de déclassifier les documents relatifs au génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda.

Ce sont des documents liés au génocide accumulés de 1990 à 1994, y compris des procès verbaux des réunions de défense secrètes et des dossiers de conseillers au président Francois Mitterrand.

En entendant les bonnes nouvelles, j’ai appelé l’un des survivants de Bisesero où les troupes françaises ont abandonné les personnes en difficultées lorsqu’elles sont arrivées à Bisesero le 27 juin 1994.

Il organise plusieurs forums publics en France et ailleurs qui demandent l’exposition de la complicité des soldats français avec les miliciens Interahamwe lors du génocide.

J’avais espéré qu’il serait intéressé par les « bonnes nouvelles » de Hollande. Au contraire, il a répondu ainsi, « Les archives sont enterrées à Bisesero. Pensez-vous vraiment que la France peut publier les documents décrivant son rôle pendant le génocide ? Même s’ils le font, notez qu’ils seront falsifiés. »

Les « archives » enterrées à Bisesero dont il faisait allusion ne sont pas des archives papier, plutôt les milliers de Tutsis qui ont été tués sur cette majestueuse colline.

Les Tutsis ici ont quitté leurs cachettes lorsque les troupes françaises, sous la soi-disant Opération Turquoise, sont arrivées à Bisesero avec une fausse promesse qu’ils sont venus à leur secours.

Ils ont été abandonnés entre les mains de la milice.

Lorsque certains soldats français ont désobéi à leurs supérieurs et sont retournés à Bisesero trois jours plus tard, des milliers de Tutsi innocents qui avaient résistés pendant deux mois avaient été abattus après avoir été exposés à la milice.

Ils sont morts comme ils avaient espéré que les soldats français étaient venus les protéger.

Pendant près de deux ans, je me demandais toujours pourquoi mon ami de Bisesero ne croyait pas à ce que la présidence d’un pays puissant comme la France avait dit.

J’ai finalement obtenu la réponse vendredi dernier, lorsque le Conseil constitutionnel français a rejeté une plainte déposée par François Graner, chercheur français, demandant des droits d’accès aux archives de l’ancien président Mitterrand.

La France cache simplement la vérité de ce qui s’est passé et son rôle pendant le génocide contre les Tutsis.

Si les différentes archives, y compris l’achat d’armes, la fourniture de documents, les transferts bancaires et les autorisations de voyage des dirigeants gouvernementaux génocidaires, sont entre les mains de certains chercheurs et appelés non-composantes, il est clair que la France a conservé des documents pouvant justifier un procès.

La dé classification est-elle possible ?

Je dirais OUI, mais quand ? Peut-être après quatre générations, lorsque les citoyens français qui ont un rôle direct et des alliés parents ne sont plus en vie.

En 2012, lorsque l’Algérie fêtait son cinquantième anniversaire d’indépendance, Hollande reconnaissait que pendant 132 ans d’occupation de l’Algérie par la France et pendant une guerre d’indépendance de sept ans, les gens ont été soumis à un système profondément injuste et brutal de la colonisation.

Au Rwanda, la responsabilité de la France ne se limite pas à la torture, mais implique des crimes de génocides et des crimes contre l’humanité.

Si, après deux générations, la France n’a pas encore accepté son passé abusif en Algérie, il est presque certain qu’il faudra beaucoup plus d’années pour que Paris accepte son rôle catastrophique dans le génocide contre les Tutsis.

Nous devrons attendre plus longtemps avant de pouvoir déclassifier toutes les archives liées au génocide au Rwanda.

Noel Kambanda est un survivant du génocide de 1994 contre les Tutsis.

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