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Diane Rwigara : « Je voulais être la première femme présidente du Rwanda. Puis, de fausses photos nudes de moi apparaissaient en ligne »

photos diane rwigara

-Karen Attiah du Washington Post discute avec l’activiste et ancienne candidate pour la présidence rwandaise Diane Shima Rwigara

Ce ne sont plus des nouvelles que j’ai été disqualifiée comme candidat à l’élection présidentielle du Rwanda.

Malheureusement, les rwandais ne verront pas mon nom sur leurs cartes de vote quand ils se rendront aux urnes le 4 août.

Le président Paul Kagame sera finalement élu et continuera à gouverner le pays dans un climat de peur et de manque de libertés fondamentales.

En prolongeant ses 23 ans de pouvoir, Kagame nie aux rwandais l’occassion d’expérimenter la toute première transition pacifique du pouvoir dans leur pays.

Les millions de Rwandais qui vont aux urnes n’exerceront pas leurs droits démocratiques, mais participeront à une cérémonie forcée et organisée qui sera plus comme un exercice de couronnement que d’une élection démocratique.

Le 3 mai, j’ai annoncé mon intention de devenir un candidat indépendant lors de la prochaine élection présidentielle rwandaise et je suis prête à contester la domination du régime de Kagame.

Immédiatement après cette annonce, des photos truqués nues de moi ont été diffusées en ligne.

C’était la tentative du régime de me discréditer et de corrompre ma réputation publique. Cela ne s’est pas arrêté là.

En parcourant le pays afin d’obtenir les signatures requises pour ma candidature présidentielle, certains de mes assistants et partisans ont été harcelés et emprisonnés.

Je sais comment fonctionne le parti au pouvoir, le Rwandan Patriotic Front (RFP).

Il ne s’arrête à rien si vous osez vous défier ou s’y opposer. Si le RPF est tellement aimé au Rwanda comme il le prétend, pourquoi sont-ils si effrayé de ma candidature ?

Aucune des autorités n’a condamné la diffusion des ces fausses images en ligne, ni essayé de régler la question de mes collègues qui ont été illégalement emprisonnés, harcelés ou disparus.

Les partisans internationaux se félicitent que les femmes occupent environ 60% du parlement du Rwanda comme preuve que le Rwanda valorise les femmes en politique.

Mon traitement montre combien il est faux.

Le parlement, en majorité, calcule le calendrier du président. En disqualifiant ma candidature à la présidence, la commission nationale des élections a prétendu que j’ai échoué à rassembler les 600 signatures requises, malgré le fait que j’avais soumis plus de 1 100 signatures.

Seules 572 signatures ont été jugées admissibles, les autre y compris les signatures de mes collègues, ont été rejetés comme invalides.

Par coïncidence, dans la même période, le Rwanda Authority Revenue a soudainement « rappelé » que l’entreprise familiale avait une facture fiscale non payée de 5,6 milliards de francs rwandais (6,7 millions de dollars).

Notre entreprise a été fermée et tout les comptes bancaires ont été gelés. Tout cela sans explication.

Je ne suis pas surprise, cette tactique est une pratique répandue utilisée par le parti au pouvoir pour faire faillite et faire taire les personnes qui parlent contre le régime.

En outre, le bilan documenté des droits de l’homme au Rwanda sous le régime actuel a été l’un des pires sur le continent africain.

Cela comprend le manque de liberté d’expression, le manque de participation démocratique, la liberté des médias presque inexistante et un espace économique très fermé.

Néanmoins, je n’ai pas été découragé par la discrimination injuste qui m’a empêché de participer au scrutin électoral.

Au lieu de cela, ma détermination à continuer de faire campagne pour les droits des rwandais est ravivée par la faim extrême de libertés et de démocratie que j’ai ressenties par les gens.

Le 14, juillet, le jour où je devais commencer ma campagne électorale présidentielle, j’ai lancé le People Salvation Movement, un effort de base qui sera une plateforme pour faire campagne pour les droits et la démocratie que tout les rwandais méritent.

Encore une fois, des fausses photos nues de moi ont circulé sur internet après mon annonce. Comme je l’ai dit, le parti au pouvoir s’arrêtera à rien. Mais je n’ai pas peur.

Je demande donc à tout les rwandais et amis du Rwanda de se joindre à moi afin que nous puissions atteindre les objectifs importantes et nobles.

Je demande à tout les partisans et partenaires de développement du Rwanda de mettre la pression nécessaire sur le régime de Kagame afin qu’il permette aux rwandais d’obtenir des libertés fondamentales.

Cela garantirait la paix et le développement durables dont les rwandais ont désespérément besoin et méritent.

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